Description d'un lointain cousin des rorquals, découvert à Wommelgem

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Cubitus et bulle tympanique de Protorororqualus wilfriedneesi. (Photo : IRNSB)
17/08/2020
Description d'un lointain cousin des rorquals, découvert à Wommelgem
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Reinout Verbeke

Deux paléontologues ont décrit une nouvelle espèce de rorqual qui vivait en mer du Nord il y a entre 5,3 et 3,6 millions d'années. C'est un lointain cousin des rorquals modernes. Les fossiles ont été découverts à Wommelgem il y a vingt ans. Ils enrichissent encore l'énorme collection de fossiles de cétacés d'Anvers et ses environs.

Le "cimetière de baleines d'Anvers" s'agrandit encore. Des fouilles prometteuses sont actuellement en cours à Deurne, une baleine franche fossile a été récemment décrite, et voici que les paléontologues présentent un lointain précurseur des rorquals actuels, sur base d'un crâne et quelques autres ossements découverts par l'amateur Wilfried Nees en 2000, à Wommelgem. Le paléontologue Mark Bosselaers (IRSNB) a décrit la nouvelle espèce avec son collègue italien Michelangelo Bisconti. Ils l'ont baptisé d'après le découvreur : Protororqualus wilfriedneesi.

« Pour les paléontologues étudiant les cétacés, la région d'Anvers est une véritable mine d'or », dit Bosselaers. « Les nombreuses découvertes permettent de mieux suivre l'évolution de ces grands mammifères marins. » Les fossiles de Protororqualus wilfriedneesi ont été trouvés dans la Formation Kattendijk, une couche de sable datant de 5,3 à 3,6 millions d'années (Pliocène inférieure), qui affleure, entre autres, dans le nord-ouest de la Campine. Après une étude approfondie du crâne et des autres restes, le Protorororqualus wilfriedneesi s'est avéré représenter une espèce de baleine jusqu'ici inconnue et un lointain prédécesseur des rorquals modernes (une famille regroupant par exemple la baleine bleue, la baleine à bosse et le rorqual commun). « La forme du cubitus, mince, long et incurvé, montre bien qu'il s'agit d'un rorqual: ceux-ci possèdent de longues nageoires impliquées dans une nage rapide pour capturer leurs proies. Avec leurs courtes et larges nageoires, les baleines franches sont, elles, plus lentes et filtrent l'eau de mer en continu, attendant en quelque sorte que leurs proies rentrent dans leur bouche. »

De la Méditerranée à la Mer du Nord

Une espèce étroitement apparentée, Protororqualus cuvieri, est connue du nord de l'Italie. Elle montre des caractéristiques encore plus primitives, qui suggèrent que ces rorquals se sont répandus à partir de la Méditerranée vers l'océan Atlantique, jusqu'à la côte est des États-Unis, où de tels rorquals anciens, également datés du Pliocène, ont été exhumés. L'étude est publiée dans la revue scientifique PeerJ.

Les restes de Protororqualus wilfriedneesi ont été ajoutés à la riche collection de cétacés fossiles de l'Institut royal des Sciences naturelles de Belgique. « Une belle acquisition », dit le paléontologue Stijn Goolaerts (IRNSB). « Les travaux effectués dans les environs d'Anvers constituent généralement de belles opportunités de trouver des fossiles de baleines. Mais trop souvent, ces fossiles sont irrémédiablement perdus parce que personne ne les a repérés ou parce que nous n'avons pas obtenu assez de temps pour organiser les fouilles. Contrairement aux découvertes archéologiques, en Belgique il n'existe pas de législation qui protège le matériel paléontologique. Nous restons donc tributaires de la bonne volonté des gestionnaires de sites et des maîtres d'ouvrage, mais  nous pouvons compter sur les paléontologues amateurs, qui nous signalent de nouveaux sites et nous aident lors des fouilles. »

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